mercredi 5 février 2020

L'art du meurtre ; Chrystel DUCHAMP




Édition : L'Archipel
Prix : 19 €
Poche : -
Sortie : 16/01/2020
Pages : 272
Ebook : Oui - 13,99 €



L'art du meurtre
Chrystel DUCHAMP.



Résumé.

Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. 

Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Un crime de toute beauté ! 



Dépêchée sur place, l'équipe de la PJ découvre que l'homme – un collectionneur – fréquentait les clubs sadomasochistes de la capitale.

Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités. 



Quand le corps d'un autre amateur d'art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n'est pas permis : un tueur en série est à l'œuvre.



Pour le lieutenant Audrey Durand, cette enquête dans le monde de l'art contemporain sera-t-elle l'occasion de faire taire ses démons, ou se transformera-t-elle en une plongée hypnotique aux confins de la folie ?















Je remercie les éditions de l'Archipel pour cette lecture.


Au fur et à mesure que je lis des histoires policières, au plus je deviens amoureuse de ce genre.
Chercher des indices et réfléchir, être vraiment actrice de ma lecture : c’est vraiment un point qui me plaît et que je recherche de plus en plus dans les histoires que je lis.

« L’art du meurtre » commence comme beaucoup de polars : avec un cadavre.
Franck Tardy est retrouvé mort chez lui. C’est un avocat à la retraite qui vit dans le luxe et l’opulence. Son meurtre a été complètement mis en scène. Alors que son corps est mutilé et dénudé, le décors d’une table dressée surmontée d’un crâne humain, d’un bouquet de fleurs et d’un cigare consommé donnent une image très étrange à cette drôle de scène.
Audrey fait partie des nombreux policiers mandatés dans cette enquête. Pour tout dire, elle ne mène pas une vie exemplaire : accro à l’alcool et à la drogue, elle passe beaucoup de soirée à chercher du réconfort dans des bars…
Mais cette scène de crime va faire ressurgir en elle sa passion pour l’art. Surtout lorsqu’un deuxième meurtre tout aussi énigmatique est commis.

Pour être tout à fait honnête, j’ai passé un bon moment de lecture même si certains points m’ont un peu chagrinés, notamment la fin du livre.

Tout d’abord, j’ai été surprise par l’ambiance du livre. Dès le résumé, je m’attendais à tomber dans une affaire plus sombre et sordide qu’une simple histoire de meurtre et ce fut bien le cas.
Club sadomasochistes, secrets, fortunes dilapidées,… Tout est mis en oeuvre pour qu’à chaque nouvelle page nous plongions dans un décors encore plus étrange qu’avant. La société bourgeoise est vraiment dépeinte d’une manière très noire, presque rebutante.

Cette ambiance est encore plus accentuée grâce à la plume incisive de l’auteur. Chrystel DUCHAMP a un style d’écriture très vif qui peut tout d’abord déstabiliser. J’ai eu du mal à y trouver de la délicatesse, j’ai été surprise, mais finalement séduite par sa manière de raconter son histoire, avec ses mots.
En cela, cette lecture a été une très belle surprise.

J’ai également apprécié le déroulé des découvertes, de passer du concret avec les meurtres, à l’enquête qui mènera à trouver tous les vices des personnes tuées jusqu’à arriver à l’art.
Oui, l’art a une place très importante dans tout le déroulé de l’intrigue. Chaque chapitre réfère à une oeuvre et je me suis bien portée au jeu de réfléchir dessus et de chercher les références.
On en apprend beaucoup sur différents courants artistiques et j’ai trouvé très intéressant cette plongée dans cet univers qui ne m’est pas très familier.

Concernant les personnages, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux.
D’abord parce que l’héroïne est particulière, loin de celles que l’on pourrait retrouver. Je ne suis pas à la recherche de personnages trop « lisses », mais Audrey recèle en elle une part d’obscurité qui ne m’a pas attendri ni attiré.
Les personnages secondaires qui tournent autour d’elle sont assez distants, notamment parce que c’est avant tout une histoire portée sur l’enquête et non sur les relations humaines, même si l’auteur développe un peu cet aspect-là dans l’histoire.

Concernant la fin, je suis assez mitigée.
J’ai eu l’impression que toute l’enquête prenait son temps, qu’on était comme englué dans l’intrigue pour finalement voir le fin mot de l’histoire laissé à l’abandon pour nous donner l’envie de nous laisser dans le flou, nous laisser sur notre faim, et finalement nous lâcher en quelques pages la bombe que l’on attendait pendant toute la lecture. Personnellement, j’avais trouvé le ou la coupable depuis longtemps, les indices étant bien présents tout au long de l’histoire, pas très bien cachés, nous permettant ainsi de les repérer assez facilement.


En conclusion, « L’art du meurtre » est une histoire intrigante, qui passionne bien malgré nous. Chrystel DUCHAMP surprend le lecteur avec sa plume incisive, directe et froide, rendant son récit encore plus sordide et sombre.
L’art a une place importante, notamment la peinture. On est vite pris au jeu de chercher toutes les références disséminés dans le livre.
Malheureusement, la fin m’a laissé de marbre car j’avais trouvé qui était le personnage derrière tous ces crimes. Du coup, l’ultime rebondissement est un peu tombé à l’eau.








Avez-vous lu ce livre ? 

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vendredi 31 janvier 2020

Eternità ; Elodie SOLARE.







Édition : Hugo New Romance 
Prix :17 €
Sortie : 30/01/2020
Pages : 371
Ebook : Oui - 9,99 

Eternità
Elodie SOLARE.



Résumé.

Le maquis de l'île de beauté abritera leur amour, mais suffira-t-il à les protéger du danger ?

Letizia Guidicelli mène une vie que beaucoup pourraient lui envier : des fêtes démesurées, des vêtements de grandes marques... mais aussi beaucoup de drogues et une immense solitude.

Le jour où son père, un homme d'affaires influent, décide de se présenter aux élections présidentielles, tout change pour elle. Adieu la liberté, elle doit dorénavant respecter un emploi du temps millimétré. Alexis, garde du corps inflexible qui prend sa mission très au sérieux, va la suivre partout et veiller à ce qu'elle ne fasse plus de vagues. Malgré ses efforts pour protéger la famille, un événement terrible va tout bouleverser.

Ces deux écorchés par la vie sont alors contraints de fuir vers la Corse, terre natale de Letizia, et vont tenter de découvrir l'identité de celui qui a mis leurs têtes à prix.















Je remercie les éditions Fyctia pour cette lecture.


« Eternità » est le second livre de Elodie SOLARE publié chez Hugo New Romance.

Dans cette nouvelle histoire, nous allons suivre le quotidien de Letizia Guidicelli, une jeune femme qui n’a jamais eu la vie très difficile. Ses parents sont riches, elle étudie dans une belle école américaine, elle va à toutes les fêtes les plus huppées et ne s’habille qu’avec de grandes marques de luxe. Seulement, sous cette apparente vie parfaite se cache quelqu’un qui est mal dans sa peau et qui noie son chagrin dans l’alcool et les drogues.
Son quotidien est soudainement bousculé lorsque le père de Letizia décide de se présenter aux élections présidentielles françaises. Finie alors sa vie de jet-setteuse, elle doit avoir une attitude irréprochable et doit être suivie par un garde du corps pour sa sécurité.
Alexis est celui qui devra surveiller la jeune femme qui n’est pas du tout d’accord avec la décision de son père. Outre le tempérament de Letizia qui va lui jouer des tours, un terrible évènement va les rapprocher.

Pour résumer, cette lecture m’aura globalement plu.

J’ai tout d’abord été surprise par le ton donné à l’histoire. On est loin de plonger dans un récit mièvre et à l’eau de rose comme on pourrait l’imaginer. Les personnages sont écorchés par la vie et traînent leurs casseroles. Ils semblent parfaits aux yeux des autres, mais plus nous avançons dans l’histoire et plus nous nous rendons compte qu’intérieurement c’est loin d’être le cas.
Elodie SOLARE a vraiment réussi à nous transmettre tout le mal-être de Letizia. J’ai vraiment aimé sa façon de nous présenter ses maux et sa solitude. Sous ses airs de petite princesse qui peut d’abord agacer, c’est un personnage qui devient de plus en plus intéressant à découvrir.

Le récit alterne entre plusieurs points de vue, même si l’essentiel de l’histoire se passe dans les têtes de Letizia et de Alexis. Nous avons parfois des chapitres du point de vue du meilleur ami de Letizia, Fabien, des instants qui sont autant perturbants qu’intéressants à lire. C’est certainement le protagoniste qui est le plus intriguant de l’histoire, notamment d’un point de vue psychologique. On ne sait pas si on l’aime ou si on le déteste, mais la finalité est que l’on ne peut pas rester indifférent le concernant.

Pour être franche, je n’ai pas été très séduite par la romance. L’attirance entre les deux personnages principaux est immédiate malgré le fait qu’ils ne peuvent pas succomber à la tentation. Depuis un bon moment, je suis lassée par ses amours au premier regard et par les coups de foudre. Ici, on se retrouve un peu dans ce même type de schéma.
Alors oui, on peut dire qu’ils ne succombent pas immédiatement, mais il n’y a pas vraiment de suspens concernant la finalité de leur relation.
Ce point est vraiment un ressenti personnel et ne sera certainement pas quelque chose de négatif pour la plupart des lecteurs.

Autant j’ai aimé les deux tiers du livre, autant le dernier tiers m’a beaucoup moins convaincu.
L’histoire met quand même du temps à se développer et tout arrive très subitement presque à la fin du livre. Dès le terrible évènement qui va tout faire basculer, l’histoire prend une tournure que j’ai moins aimé, notamment parce qu’elle devient très noire et en même temps trop mièvre.
Ce contraste ne m’a pas séduite et dès lors j’ai décroché de ma lecture.
On sait que l’histoire est courue d’avance, mais autant les deux premiers tiers étaient intéressants dans son développement et dans son aspect psychologique, autant la fin est trop facile pour être finalement crédible.


En conclusion, « Eternità » est une histoire qui m’a dans l’ensemble fait passer un bon moment de lecture. Elodie SOLARE a vraiment réussi à insuffler à son récit une ambiance plus sombre et chaotique que ce que l’on peut d’abord imaginer en entamant ce livre. Il y a un vrai travail effectué sur la psychologie des personnages, effort qui donne encore plus de profondeur à l’histoire.
Cependant, la fin du livre ne m’a pas convaincu tant au niveau de l’intrigue que de l’évolution des personnages.








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lundi 20 janvier 2020

Swan River, tome 1 : Le destin de Cassandra ; Anna JACOBS




Édition : L'Archipel
Prix : 22 €
Poche : Oui - 8,95 €
Sortie : 04/09/2019
Pages : 372 - 461
Ebook : Oui - 4,99 €



Swan River, tome 1 :
Le destin de Cassandra
Anna JACOBS.



Résumé.

1861.

Le Lancashire subit la crise. Privées de coton, les filatures ferment une a une en Angleterre, plongeant la population dans la misère.

Cassandra Blake, ses trois sœurs cadettes et leur père Edwin tentent malgré tout de faire face à l’adversité. Mais la mort du patriarche vient tout bouleverser.

Leur oncle Joseph décide de prendre ses nièces sous son aile, malgré l’opposition de son acariatre épouse, qui commandite en secret l’enlevement de Cassandra. Elle menace alors ses sœurs de faire subir à la jeune femme les pires sévices si elles ne quittent pas le pays…

Contraintes de dire adieu à leur Lancashire natal, elles embarquent pour l’Australie.
Les quatre sœurs parviendront- elles à se retrouver à l’autre bout du monde, et à construire une vie nouvelle ?















Je remercie les éditions de l'Archipel et les éditions Archipoche pour cette lecture.


« Le destin de Cassandra » est le premier tome de la série « Swan River ».
Cassandra est l’aînée d’une fratrie de quatre soeurs. Elles habitent dans le Lancashire, une région d’Angleterre reconnue pour son travail du coton. Sauf qu’en 1861, les filatures subissent une pénurie de coton, causant leurs fermetures et plongeant les habitant dans la misère.
Cassandra, son père Edwin et ses petites soeurs vont tout faire pour réussir à survivre, jusqu’au jour où le patriarche décède.
Les filles vont alors encore plus subir la colère de leur tante qui va tout faire pour les faire partir de leur ville, voir les faire quitter le pays pour l’Australie, cette terre lointaine et sauvage où certains anglais partent pour un avenir meilleur.

J’ai adoré cette lecture.
C’était dépaysant, parfaitement maîtrisé, un savant mélange de plusieurs genres qui ravira un grand nombre de lecteurs.

Nous entrons dans le quotidien de la famille de Cassandra au pire moment pour elles. La crise du coton a commencée et il leur est difficile de pouvoir tout simplement vivre. Il manque du travail et quand quelqu’un en a un c’est très mal payé. La nourriture et les loyers coûtent cher, les gens sont plongés dans une misère sans nom.
Je ne connaissais pas cette période de l’histoire et j’avoue que ce premier coup d’oeil m’a attristé. Il y a un vrai travail effectué par Anna JACOBS pour essayer de rendre son récit le plus crédible possible. On est de suite attendrit et ému par leur misère, leur malheur, mais aussi par leur courage et leur espoir.
Personnellement, ça m’a donné encore plus envie de découvrir cette période de l’histoire de l’Angleterre.

« Le destin de Cassandra » est un récit à plusieurs voix. Nous suivons plusieurs personnages, que cela soit Cassandra, ses soeurs, son oncle, sa tante, des personnages secondaires qui vont petit-à-petit prendre plus d’importance dans le récit.
J’ai adoré cette alternance de points de vue qui nous permet de mieux comprendre toute la complexité de cette histoire.

Car oui, ce n’est pas juste une simple histoire sur une femme qui essaie de survivre et qui trouve l’amour. Si au début de notre lecture on peut penser que l’histoire va tourner en rond et va être simple à deviner, on est très vite surpris par les choix que fait l’auteur et par les destins des personnages. La vie ne va pas être tendre avec eux, elle va les surprendre et nous avec. Plus d’une fois j’ai été étonnée durant ma lecture. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Le récit est trépident, mouvementé, actif. On n’a aucun temps mort et pas une seule fois nous ressentons de l’ennui.

J’ai autant apprécié découvrir l’Angleterre de l’époque que l’Australie qui est encore une contrée sauvage et exotique. Plus d’une fois j’ai été étonnée et j’ai fait des recherches pour voir si les paysages décrits dans le livre étaient identiques aux descriptions de l’époque.
La force de ce récit réside vraiment dans l’envie qu’il nous donne de faire des recherches en parallèle de notre lecture et j’adore lorsque ma curiosité est autant éveillée.

Malgré toutes les épreuves par lesquelles vont passer les personnages, j’ai eu un peu de mal à être totalement convaincue par le final de ce tome. J’ai trouvé les derniers passages trop faciles en comparaison au reste du récit. Alors oui, ils méritent du répit, du bonheur, un peu moins d’adversité, mais j’ai trouvé que ça tranchait un peu trop avec l’ensemble de l’histoire.


En conclusion, « Swan River, tome 1 : Le destin de Cassandra » est une très belle découverte. Anna JACOBS m’a de suite plongée dans son histoire et dans son univers. Sa plume est prenante, son histoire nous rend immédiatement dépendant. J’ai été autant charmée par l’histoire pure et dure que par la fiction. Les personnages attirent de suite notre sympathie et l’on suit leurs péripéties avec avidité.
Même si la fin m’a un peu moins conquise, j’ai hâte de pouvoir lire la suite de cette saga qui est trépidante, prenante et plus profonde que ce que le résumé peut nous laisser croire.








Avez-vous lu ce livre ? 

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